Mon père, Roger Payen, est mort à la veille de ses cent ans, le 12 novembre 2012. Il aura donc pratiquement vécu l’intégralité du XXe siècle et, en tant que peintre, côtoyé tous les grands courants picturaux de l’art moderne.

Il a peu exposé, peu vendu, et même peu donné. Il avait une relation très possessive avec ses cœuvres. Il a peint et dessiné pendant plus de soixante-dix ans et laisse donc derrière lui une œuvre immense par son abondance et sa richesse plastique, connue seulement par quelques collectionneurs et par ses amis.

Arrêté en 1943, en même temps que son épouse, pour faits de résistance, il a réalisé, pendant les dix-huit mois de son incarcération, plus de trois cents dessins qui ont été rassemblés et commentés dans l’exposition “Parcours Santé“ conçue par Martine Garcin. L’ensemble des dessins de prison a fait l’objet, en 2011, d’une donation au musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne. Une partie de cette œuvre d’emprisonnement a été présentée par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris dans le cadre de l’exposition “L’Art en guerre“ en 2012.

Après la disparition de Roger Payen, trois grandes rétrospectives seront organisées à la demande et avec le soutien de ses amis.

Le peintre Grégoire Hespel et son frère Christophe, proviseur de l’école Boulle, seront à l’origine des expositions de la Mairie du XIle arrondissement de Paris et de l’école Boulle (décembre 2012). Un ami draveillois de longue date, Roberto Lample, sera à l’origine de l’exposition du château de Villiers à Draveil (janvier 2014).

Aujourd’hui il me tient à cœur de faire connaître l’ensemble de son œuvre, et en particulier son importante production ardéchoise. Nous avons découvert l’Ardèche, ma famille et moi, en 1959. Mon père avait quarante-six ans et pendant plus de vingt-cinq ans il va peindre la nature qui entoure son atelier, rochers, lichens et broussailles, posant son regard au plus près du sol comme sur l’ampleur des paysages de la vallée, adaptant toujours sa technique picturale à un meilleur rendu de la matière, si particulière, du plateau des Grads.

Roger Payen avait treize ans lorsqu’il a peint sa première toile et quatre-vingt-cinq lorsqu’une dégénérescence maculaire l’a contraint à poser définitivement ses pinceaux.

L’objectif de ce site est de faire connaître au plus grand nombre l’ensemble de son travail. Nous l’avons voulu le plus exhaustif possible, en présentant à la fois son œuvre de peintre, de dessinateur, de sculpteur, et aussi d’architecte, de décorateur et de designer.

René-Paul Payen